La multiplication progressive des concerts en Alsace, reflet d'une tendance générale, et les limites de la formule « sérénade » suscite une réflexion globale et donne un nouvel essor à l'événement s'intitulant dorénavant « L'été musical ». Les conditions météorologiques aléatoires des mois d'été ont conduit les organisateurs à abandonner le site en plein air des Dominicains et à porter leur choix sur un autre lieu historique colmarien : la chapelle Saint Pierre du Lycée Bartholdi - ancienne chapelle du Collège Royal des Jésuites - construite en 1745 dans le style classique français. Ce nouvel espace acoustique permet la réalisation d'une programmation plus pointue, s'étendant des musiques du Moyen-âge aux compositeurs contemporains, et offrant toujours des interprétations de référence qui placent les auditeurs au coeur des recherches stylistiques les plus engagées.
Sont alors invités des musiciens de renom tels que Pierre Boulez et son Ensemble intercontemporain, les grands quatuors : Alban Berg, Prazak, Hagen, Takacs ; le Concerto Köln, Hesperion XX avec Jordi Savall, Philippe Herreweghe, Franz Brüggen, François-René Duchâble, Andreas Staier. Et le festival sert également de révélateur à de nombreux jeunes talents qui allaient s'affirmer par la suite : Paul Meyer, Marc Coppey, Philippe Bernold, Claire Désert, Cedric Tiberghien Thierry Felix, Jean-Guihen Queyras, les quatuors Ysaye, Sine Nomine, Keller, Kandinsky, et des ensembles tels le Parlement de Musique, le Freiburger BarockOrchester.
Ce cycle musical, d'abord réservé aux formations de musique de chambre, s'est ouvert à des ensembles orchestraux et vocaux plus vastes, comme l'Orchestre National de France dirigé par Yutaka Sado, et il a suscité par ailleurs des enregistrements célèbres : le Requiem de Mozart dans une relecture de Jordi Savall et une partie de la bande musicale de Tous les matins du monde. Les concerts sont alors rediffusés sur les grandes radios nationales.
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